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Avons-nous perdu le goût de réseauter ?

Post-confinement, une partie des professionnels se déplace nettement moins sur les événements. Qu’ils soient devenus plus exigeants ou non, certains les préfèrent en ligne, en direct ou en replay. D’autres rompent plus facilement leurs engagements à la dernière minute sans prévenir. Le phénomène « no call, no show » des salariés en entreprise, des rendez-vous médicaux ou de l’hôtellerie-restauration s’est répandu plus largement sur nos rendez-vous professionnels. Quels sont ces facteurs qui détériorent le réseautage professionnel ? Avons-nous définitivement changé nos habitudes et jeté aux orties les valeurs d’engagement et d’ouverture sociale ?

Moins nombreux sur le terrain

D’après Eventdrive, nous pouvions compter sur 62 % des inscrits à un événement. Aujourd’hui, les pourcentages sont tombés à 50 %. Du côté des évènements organisés par les réseaux professionnels ou clubs d’affaires, le constat est le même. Ces derniers se plaignent d’une baisse de la fréquentation des rendez-vous destinés à leurs adhérents ou visiteurs. Certains ont décidé de favoriser les formats hybrides et de réduire ceux en présentiel au profit du distanciel. L’enjeu majeur est donc de fidéliser les adhérents et d’en attirer de nouveaux dans la jungle des sollicitations numériques qui favorise les comportements versatiles. Effectivement, la pluralité des évènements et la facilité de ceux accessibles en ligne en ont tué certains, moins attrayants et plus contraignants (déplacement, coût, sujet maintes fois débattu).

« No call, no show »

Être absent sans prévenir : ce comportement est bien antérieur au COVID. Le secteur de l’hôtellerie-restauration le connaît bien et les médias le relaye quand il prend de l’ampleur. Ce qui est nouveau, c’est de constater qu’il se répand dans d’autres activités personnelles et professionnelles. Une inscription en ligne à un événement professionnel s’oublie vite ou perd de son attrait la veille voire le jour « J ». Je cite l’exemple du syndicat de l’Union française pour une médecine libre qui dénonce l’incivisme de certains patients. 28 millions de rendez-vous non honorés par an en France retardent l’accès aux soins ! Les relances, en s’appuyant sur plusieurs canaux de communication, se sont généralisées pour améliorer le taux des présences (sms, courriels, réseaux sociaux jusqu’aux appels téléphoniques pour certains rendez-vous).

Privilégier le confort à l’effort

J’ai lu avec attention le dossier du N°31 de l’ADN intitulé « Les années molles – A-t-on perdu le goût des autres ? » car j’ai ressenti puis identifié une tendance au repli sur soi et son entourage proche depuis cette année. Celle-ci qui nous a redonné la liberté de réseauter à notre guise. Que s’est-il passé ? La crise sanitaire a accéléré ce comportement déclenché par deux facteurs majeurs, selon moi : l’importante médiatisation des informations anxiogènes et cette facilité numérique à satisfaire rapidement nos envies du moment. Je constate très souvent le besoin des jeunes générations de fuir un monde complexe et stressant au profit de son contraire simple et confortable. Certaines personnes se sont surprises à ne plus faire d’effort pour passer du bon temps à l’extérieur et préférer le confort rassurant de leur intérieur.

Affirmer enfin ses préférences

Le confinement a offert aux actifs le temps de la réflexion sur ce dont ils avaient réellement besoin en matière relations sociales. Certains ont réalisé qu’ils prenaient peu de temps pour eux et leurs proches, d’autres qu’ils se forçaient souvent à sortir pour se plier aux dictas des bonnes pratiques du networking. Les tempéraments réservés se sont plus autorisés à suivre leurs réelles préférences sociales jusqu’à faire le tri dans leur réseau relationnel pour ne garder que celles et ceux qui comptent vraiment. Quelques messages contraignants ont volé en éclat pour finalement éviter l’overdose voire le rejet de tout nouveau contact professionnel virtuel ou physique. Voici un constat plutôt positif qui privilégie un networking plaisant et qualitatif.

Profiter de l’instant présent

Les habitudes sociales issues du numérique privilégient l’anonymat et la désincarnation. Il est donc beaucoup facile d’annuler par sms ou par courriel qu’au téléphone ou en face à face. Avec l’hyper connexion, la notion d’engagement s’est effilochée car notre rapport au temps a changé, en tout cas, pour un grand nombre d’entre-nous. D’une part, bardé de stimuli numériques, le cerveau usera de la stratégie de l’évitement pour se concentrer sur ce qui lui fait facilement plaisir jusqu’à l’addiction.

D’autre part, certains ont pris l’habitude d’agir à la dernière minute malgré leurs engagements antérieurs. Le réflexe de répondre aux notifications ou messages entrants a placé l’instant présent en priorité N°1. Par conséquent, le fait d’annuler un rendez-vous soulage quand l’envie du moment est différente et plus forte.

L’abrutissement numérique

Dernier facteur, il nous arrive de ne plus faire l’effort de désirer ou de réfléchir à un objectif personnel car les sollicitations des médias sociaux ou des emails le font pour nous. Nous n’avons plus qu’à choisir parmi les nombreuses propositions et nous nous laissons portés par la frénésie d’acceptation sans prendre le temps de réfléchir à la pertinence et à la faisabilité de nos choix… Finalement, nous constatons que nous n’avons plus le temps ou l’énergie de tenir tous nos engagements. Cette simplicité séduisante à portée de main, que l’on qualifie également de commodité ou de flemme, est devenue une économie florissante (plateformes de vidéos à la demande, livreurs à domicile, réponses instantanées des moteurs de recherche, etc.) et une façon légitime de prendre, soi-disant, soin de soi.

Le risque d’un affaiblissement collectif

C’est une bonne chose d’écouter ses envies de confort et de tranquillité mais attention, moins on se force et moins on a d’entrain pour sortir de sa zone de confort. Il est alors plus difficile d’investir du temps à enrichir notre réseau relationnel, sources d’opportunités. J’ai déjà fait l’expérience d’une longue période de repos forcé. Le moindre effort physique et intellectuel me fatiguait. Moins j’en faisais et plus j’avais envie d’inaction. Cette tendance à ne plus se forcer, à rechercher la facilité et le confort, à se laisser guider, nous éloigne du réel libre arbitre et de l’altérité, vecteurs collectifs d’enrichissement personnel et professionnel.

Est-ce le retour vers un réseautage plus égocentrique et clanique ? Qu’en pensez-vous ?

Catherine Sarnow

Sources :

https://visionarymarketing.com/fr/2022/09/evenements-professionnels/

https://www.eventdrive.com/ressources/blog/indicateurs-mesurer-succes-evenements

Quotidien Sud Ouest « Le fléau du « no show » 21/10/2022

https://boutique.ladn.eu/produit/les-annees-molles/

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